Axes de recherche

1. Corpus et enseignement des langues (Mme Delahaie, Mme Flament)

Le projet LANCOM (dirs. : M. M. Debrock, Université de Leuven, D. Flament, Université de Université Paris Nanterre) a été une entreprise de constitution de corpus à visée à la fois didactique (rénovation de l'enseignement du français en Belgique néerlandophone) et linguistique (contribution aux recherches sur corpus dans le domaine des interactions verbales et du français parlé). LANCOM est aujourd'hui un corpus différentiel (natifs vs non-natifs) et automatisé d'interactions verbales qui fait partie d'un ensemble de plus d'un million de mots disponible sur Internet. LANCOM a donné lieu à nombre de publications et de conférences (voir supra), il a été récemment enrichi de nouvelles interactions dans le cadre du travail de Doctorat de Juliette Delahaie.

Voir le site du corpus Lancom : http://arts.bach.kuleuven.be/elicop/

2. Linguistique et enseignement des langues (Mme Delahaie, Mme Flament)

L’essentiel des travaux se place dans le cadre d’une linguistique de propriétés qui s’inspire souvent des théories développées par J.C. Anscombre. Les termes et structures étudiés (voilà, en termes de X, heureusement que P et plus généralement adverbe que P, au niveau de, sinon) ont toujours un rapport étroit avec l’énonciation ; ils sont souvent plurifonctionnels ou considérés comme synonymes, mais en réalité, il est souvent possible de réduire les différents emplois à quelques traits sémantiques communs, bien identifiables par des propriétés et des tests.

Le choix des termes étudiés n’est pas fait au hasard, il correspond toujours à une préoccupation didactique en amont. C’est une consultation régulière des corpus de français parlé qui nous a amené à travailler sur en termes de X et au niveau de X, introducteurs de thème particulièrement employés dans les interactions à l’agence de voyage du corpus Lancom, et peu étudiés pourtant par les linguistes qui leur préfèrent des introducteurs plus « classiques » comme quant à, en ce qui concerne (voir Flament 2008 ; Delahaie et Flament 2013b : « Questions de variations : autour de quelques introducteurs thématiques méconnus de l’oral, en termes de, au niveau de et par rapport à »).

Une fois effectuée l’analyse linguistique, et notamment sémantique, des termes et structures choisis en fonction de leur fréquence dans les corpus, se pose la question de la didactisation de ces savoirs. Dans ce cadre, une utilisation raisonnée du corpus est pertinente pour la classe de langue. Il existe un courant assez important, notamment dans le monde anglo-saxon (voir Sinclair (dir.), 2004, How to use corpora in language teaching, John Benjamins, Amsterdam, Philadelphia), mais aussi en France (voir les travaux de l’équipe du CRAPEL à Nancy), pour l’utilisation directe des données de français parlé en classe de langue. Ce que nous essayons de mettre en valeur, c’est qu’entre les deux extrêmes que constituent le dialogue fabriqué des manuels (à partir de l’intuition des concepteurs) et l’utilisation directe d’un corpus de français parlé, on peut aussi proposer une voie médiane qui consiste à créer des dialogues, non seulement à partir de données authentiques, mais aussi et surtout en tenant compte des analyses linguistiques qui ont été effectuées sur ces données. Seule une analyse des régularités de la langue, une étude sémantique et syntaxique des faits saillants dans le discours du natif, permettra de construire des modèles de dialogue plus vrais que nature. (voir Delahaie et Flament 2013b ; Delahaie 2014 à par.)
 
 

3. Enseignement du français à un public d’adultes migrants (Mme Delahaie)

L’enseignement du français à un public d’adultes migrants est une préoccupation ancienne dans le milieu associatif, mais ce n’est que récemment qu’il fait l’objet de nombreuses recherches en France avec la création en 2011 du récent label FLI (Français langue d’intégration, voir les décrets n° 2011-1265 et n° 2011-1266 du 11 octobre 2011) à la mise en place duquel plusieurs universités françaises, dont Nanterre, se sont intéressées (http://www.immigration.interieur.gouv.fr/Accueil-et-accompagnement/L-apprentissage-du-francais/Le-label-qualite-Francais-langue-d-integration/Offres-de-formation-universitaire-pour-les-formateurs). Dans le cadre de ce label, le Reférentiel FLI donne des pistes didactiques et une liste de situations de communication particulièrement importantes pour l’intégration des adultes migrants dans la société française.

Dans ce cadre, les étudiants du Master FLE Parcours FLIE, sous la direction de Juliette Delahaie, sont en train d’élaborer une plate-forme de ressources pour l’enseignement du français aux migrants. Elle sera composée de transcriptions et d’enregistrements audio d’interactions authentiques et de fiches pédagogiques. L’objectif est de fournir aux enseignants et aux organismes de formation des ressources brutes souvent difficiles d’accès (interactions authentiques à la préfecture par exemple ; interactions médicales) et pourtant essentielles pour un enseignement contextualisé des langues. L’intérêt réside également dans la création d’un matériel pédagogique innovant qui participe pleinement à la formation des étudiants du Master FLI de Nanterre, déjà formateurs linguistiques (en formation continue) ou futurs formateurs.

4. Grammaire française : syntaxe et sémantique grammaticale (Mme Leeman)

Situation théorique
L'ensemble des travaux relève du paradigme autonomiste, selon lequel la langue produit par son système ses propres valeurs, dans le sillage théorique de F. de Saussure et de Z.S. Harris. La méthode part de l'observation des formes pour en déterminer les propriétés et en tirer une hypothèse sur l'identité sémantique des unités ou constructions décrites, à partir du postulat de l'indissociabilité du lien entre signifiant et signifié, lequel débouche sur le principe de naturalité (à toute forme, similitude de forme, différence de forme correspond respectivement un sens, une similitude de sens, une différence de sens). La recherche privilégie l'approche syntaxique, qui débouche sur une sémantique grammaticale (s'inspirant de certains ouvrages de G. Guillaume), sans s'interdire le recours à la pragmatique.

Problématiques privilégiées
L'essentiel de la recherche est consacrée à l'identité des prépositions et des syntagmes prépositionnels, mais concerne également les domaines du verbe (Grammaire du verbe français, des formes au sens, 1994 rééd. 2002, Paris, Nathan), du déterminant (Les déterminants nominaux en français, 2004, Paris, PUF), de la phrase (La phrase complexe, 2002, Bruxelles, De Boeck & Larcier), du pronom personnel (divers articles dans la décennie précédente s'emploient à démontrer que, contrairement à la doxa selon laquelle je-me-moi (tu-te-toi, etc.) seraient les variantes du même morphème, chacune de ces formes a une identité sémantique propre (au-delà du point commun référentiel de renvoyer à la personne qui parle en tant qu'elle parle d'elle-même).

Les applications didactiques
La recherche a toujours inclus dans ses préoccupations les moyens de renouveler l'enseignement de la grammaire (La Grammaire ou la galère ?, Paris, Bertrand Lacoste, 1993) - et, plus généralement, de la langue -, à preuve les manuels scolaires élaborés pour l'enseignement du français aussi bien comme langue maternelle (décennies 1970 et 1980) que comme langue seconde ou étrangère (années 1990), en particulier avec la méthode Allô France, Paris, Larousse.

Liste des publications
Voir, sous l'onglet "publications", le site http://www.danielle-leeman.com

5. (M. Laborie)

En attente

(M. Zard)

En attente

7. Francophonies des Suds et mémoire de l’esclavage (Mme Frémin)

Interrogeant les modalités et les dynamiques créatrices des écritures caribéennes francophones contemporaines, particulièrement de l’esclavage à la lumière du slave’s narrative américain et de son legs, la recherche s’intéresse également aux conditions d’émergence et de développement des littératures francophones afro-descendantes au regard de la situation afro-américaine et de la caraïbe anglophone. Elle cherche à saisir les lieux et les enjeux de la construction de représentations et du rapport à l’esclavage, interrogeant la circulation de ses représentations dans les mémoires collectives d’une culture à l’autre mais aussi du XVIIIe siècle à aujourd’hui à partir d’analyses discursives précises – dans les textes littéraires mais pas seulement. Ce qui, sur le plan théorique, s’articule à une réflexion sur les rapports entre Histoire, Langue et Littérature mais offre aussi un lieu privilégié d’observation et d’analyse des mécanismes qui régissent les transferts culturels, questionnant les notions de métissage, d’assimilation et d’appropriation. Nourrie par l’approche comparatiste et impulsée par une réflexion sur l’esclavage comme origine de cultures inédites, la recherche s’ouvre à d’autres questionnements et territoires francophones en lien avec les problématiques postcoloniales et les phénomènes de transferts culturels. Une attention particulière est portée aux rapports à la langue et à ses représentations en francophonie.

Axes de recherche
- Études de la mémoire de l’esclavage sous l’éclairage de différentes disciplines des Sciences Humaines – Histoire, Droit, Lexicologie. Rôle et enjeux de l’écriture littéraire.
- Approche comparatiste des écritures de l’esclavage : romans et récits français, antillais et africains-américains.
- Francophonies littéraires des suds et théories postcoloniales.
- Transferts culturels.

Champs de recherches
- Intertextualité, genre, influences
- Histoire / Littérature
- Problématiques postcoloniales, et, plus particulièrement, appropriation de la mémoire par l’écriture
- Analyses textuelles sous l’angle anthropologique
- Trauma Studies ou écritures de la catastrophe

Mis à jour le 18 février 2014